Dis-moi, Dine...

Un peu de tout sur rien, et beaucoup de riens sur tout...

03 janvier 2008

"LA GEISHA" Nouvelle (pademoi) (avé copyright of course)

- Suspension de séance :

Le soleil atomique liquéfie les éléments et sur le parvis du tribunal, la foule énervée, telle une nuée de poissons rouges échappés du bocal, essaye désespérément de capter un peu d’air dans cette atmosphère plombée et grise de poussière. Une forte odeur de transpiration émane de ce rassemblement aussi étonnant qu’éclectique.

On y trouve aussi bien des femmes du monde, un œil pointé sur le parking, enviant leurs chauffeurs, frais comme des gardons à l’abri dans les grosses cylindrées outrageusement climatisées, que des marchandes de quatre saisons aux tabliers multicolores venues en curieuses du marché voisin, ainsi que monsieur et madame tout le monde. Tout ce petit monde s’agite, énervé, les nerfs à fleur de peau, avide de connaître quelques éléments susceptibles de leur faire envisager l’issue du procès.

Les avocats, tels des pingouins égarés sous les tropiques, tentent vainement de conserver une attitude digne malgré la température avoisinant les 40°. Dans de grands effets de manches qui ne leur procurent hélas qu’une faible ventilation, ils déclament des phrases élaborées, destinées à leur donner un semblant de crédibilité dans cette arène surchauffée. Mais leur désir d’une douche rafraîchissante est tel, et leurs propos si décousus par la fatigue que leurs paroles transparentes courent d’écho en écho sans atteindre quiconque.

Les médias du monde entier sont sur place, et les photographes après avoir pris d’assaut le bar voisin courent dans tous les sens, tentant d’obtenir la moindre information pour la grand-messe du 20 h, déplaçant ainsi une poussière ocre et sèche qui semble tout recouvrir tel un linceul massaï.

Les questions et les réponses se superposent dans une lassitude générale, et on peut entendre des propos apparemment dénués de sens mais qui sont à l’image de cette affaire stupéfiante qui fait encore, trois ans après que les faits se sont déroulés, frissonner le monde entier :

-Madame, comment auriez-vous réagi, dans cette situation ?

-Ah, monsieur vous savez, c’est quand même quelque chose ce qu’il a fait cet homme ! Il faut réfléchir un peu dans la vie. Je crois bien que j’aurais réagi de la même façon à la place de sa dame, vé !

-Et vous monsieur, votre réaction ?

- Ben, vous savez, solidarité masculine mise à part, peuchère, je crois bien que je comprends le geste de Madame, cet homme était tout de même assez inconscient !

-Et vous Monsieur ? Qu’en pensez-vous ?

-Putain, que voulez-vous que j’en pense, c’est un connard, voilà ! Il a eu que ce qu’il méritait ! Enfin quand même ! Et pourtant je préfère le café, c’est vous dire !

C’est dans cette ambiance où tout semble jouer d’avance que se déroule l’affaire dite de « 

la Geisha.

»

Dès l’annonce de la reprise du procès, on assiste à une bousculade sans nom, et le pire est à craindre dans ce tribunal chauffé à blanc, chacun se bousculant avec férocité afin d’accéder à la meilleure place,. Personne n’oublie que mercredi à l’ouverture du procès, il y eut trois victimes piétinées par la foule. Mais le Président lui-même, lors de son allocution au cimetière a déclaré : -« A procès exceptionnel, conséquences exceptionnelles ». Mettant ainsi fin à la polémique qui enflait.

-Mesdames et messieurs :

La Cour.

Tout le monde est à sa place, le  jury, le juge, le procureur, et l’assistance retient son souffle.

Le Juge s’éventant avec un dossier

-Madame nous avons compris que vous aviez déjà eu des pulsions destructrices avant ce jour fatal ?

-Oui monsieur le Juge, chaque fois que mon mari oubliait de boire sa tasse de thé « miaoucha »

Le juge se caressant la barbe.

-Effectivement, effectivement !

L’avocat de la partie civile horrifié.

-Monsieur le Juge !

Le juge ouvrant de grands yeux et prenant l’air outragé :

-Je vous rappelle monsieur l’avocat qu’il s’agit de thé « Miaoucha » tout de même !

L’avocat :

-Je le reconnais monsieur le juge mais vous devez être impartial.

Le juge d’une voix tonnante :

-D’accord, monsieur l’avocat, mais comprenez que je sois horrifié, comment peut-on oublier de boire une tasse de thé Miaoucha.

L’accusée intervenant :

-D’autant plus monsieur le Juge que le thé s’étant refroidi, je ne pouvais le réchauffer, c’eût été un sacrilège.

Le juge absolument horrifié :

-Vous avez donc jeté le contenu de la tasse ?

-Ah non, monsieur le Juge, je ne pouvais commettre un tel crime, je l’ai vidé sur mes plantes vertes qui l’adorent.

Soupir de soulagement émanant du public.

Le juge rassuré et la mine réjouie :

-Vous m’avez fait craindre le pire, chère madame, mais vous avez raison mon épouse en fait autant quand il reste un petit fond de théière et ma foi, je dois reconnaître que nous avons des plantes vertes de toute beauté !

L’avocat de la partie civile, écarlate et gesticulant :

-Enfin monsieur le Juge, nous plongeons dans le délire, la présumée innocente est accusée d’avoir fait disparaître son compagnon sous le prétexte fumeux qu’il avait oublié de boire une tasse de thé, et elle ose parler de crime en imaginant verser le contenu de la tasse dans l’évier.

Le Juge souriant d’un air sardonique :

-Monsieur l’avocat, je crois que nous n’avons pas les mêmes valeurs !

Rires du public.

Allons, du calme ou je fais évacuer la salle.

-L’avocat de la défense :

-Je crois qu’il est de mon devoir d’appuyer sur un détail qui a une importance capitale et qui prouve la bonne volonté et la force de caractère de ma cliente.

La salle retient son souffle suspendu, à ses lèvres.

-En effet, je vous rappelle qu’il ne s’agissait pas d’un premier acte inconsidéré de la part de la victime, madame a bien dit que son compagnon était un multi- récidiviste -et dans un souffle en s’épongeant le front- redonnons aux actes leurs justes importances et n’oublions surtout pas qu’il s’agit d’une tasse de thé Miaoucha !

- Le Président :

-N’ayez crainte monsieur l’avocat, nous ne l’oublions pas !

-L’avocat de la partie civile :

- Objection, votre Honneur, le jury risque d’être influencé par ces prises de positions !

Le Juge :

-Objection rejetée, monsieur l’avocat, le jury est suffisamment intelligent pour comprendre qu’un crime commis au nom du caractère sacré du thé Miaoucha, ne peut que bénéficier de toutes les indulgences.

-Applaudissement de la salle.

Le Juge sourire aux lèvres, d’un air peu convaincu :

-Silence, s’il vous plaît, ou je fais évacuer…

C’est dans ce brouhaha indescriptible et dans une température d’enfer que le procès du siècle continue de se dérouler, et il serait trop long ici de narrer la suite de ces échanges qui ont fait date, et ont créé un précédent en la matière, dans l’histoire des grands procès criminels..

Sachez simplement que ce procès s’est soldé par un acquittement. Le jury a conclu que la passion des bonnes choses mène à bien des excès, mais que personne n’est à l’abri d’un crime au nom de la gourmandise. D’autant plus justifié qu’il s’agit de la renommée du thé Miaoucha. Certes il y a une victime mais aux grandes causes, grands remèdes.

Nous savons de source sûre que tous les jeudis le juge se rend chez l’acquittée où le thé Miaoucha est servi dans les règles de l’art.

Notre « Geisha », transformée par la passion populaire en héroïne du siècle, à aujourd’hui sa statue édifiée au coeur du Miaoucha, province dominante des hauts plateaux de l’Himalaya. C’est à l’heure actuelle un grand chef d’entreprise qui exporte ses thés dans le monde entier. Le Dalaï Lama lui-même refuse de boire d’autres thés. Les thés MIAOUCHA sont d’ailleurs côtés en bourse. La « Geisha » en est la principale actionnaire.

P.S.

Cette nouvelle sera éditée par les éditions Gallimard au compte de la société MIAOUCHA. 

Saint Tropez le 3 janvier 2008.

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Posté par cocolafleur à 07:59 - Moi j'aime lire... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 août 2007

CENT TITRES..

biblio
Après les avoir déménagés (mis dans cartons puis portés dans cartons puis enlevés des cartons, m'en fout j'ai rien porté ) puis installés dans mon tout nouveau tout beau meuble ikéa (ouhhouuuuu pinaise), j'ai finalement décidé de me séparer de quelques livres... Y en a pas des centaines, ok, mais une grosse pile quand même..
A Paris, j'ai beaucoup de romans de gare (Gare de Lyon-TGV, pour être précise ), ceux que j'achète vite vite avant de composter mes billets vite vite. Ceux dont on a un peu honte de la couverture. Bizarrement j'assume otalement et définitivement mon Voici et pas certains ouvrages du style "misérable miranda".
Il y a, en gros, les polars (Ken Follet, Anne Perry..), les livres à blockbusters américains (les John Grisham par exemple) et les histoires de filles ("ce crétin de prince charmant", "blonde attitude", etc ), le tout en format poche.
Ce sont des livres que je ne relirai jamais, contrairement à Ravage, Gatsby, Ensemble c'est tout, ou Orgueil et préjugés.. (soupir de bonheur), dont je ne pourrai pas me séparer. Jamaiiiiiis. Plutôt arreter le muscat et le nutella (ouille)
Et ils prennent trop de place dans ma nouvelle bibliothèque.
Donc, après de longues années sans me séparer d'un seul livre... voilà que j'ai mis tout ce paquet en vente. Je vous dis pas le travail psychologique en amont.

Merci à Priceminister de m'accompagner dans cette difficile cission avec moi-même (le site est top, avec mise en ligne du livre par reconnaissance du code-barre, trop facile et pratique). Le fait n'est pas tant de gagner de l'argent à la revente, les prix ne sont pas élevés, que de les voir partir pour une chouette famille d'accueil (- oulahaha ellé matraquée zinzin cette nana là avec ses bouquins ya qua les fout'à la poubelle on va pas pleurer non plus!!! - Bé peut-être, tiens!!!!)

Adieu mes petits, vous m'avez fait rêver/pleurer/frissonner/rire.. ou bailler!

..revenons à nos moutons...quelqu'un a-t-il essayé Caplivres?

Edit du 12 aout: ayé j'ai vendu un livre! youhouuuu!

Posté par cocolafleur à 13:22 - Moi j'aime lire... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juillet 2007

Mon rendez-vous du lundi

Tous les dimanche soir, la pensée me traverse comme un éclair...
Tous les lundi matins (c'est invariable, non, les jours de la semaine?? j'sais plus la honntee rhoufff), bon, chaque lundi matin (haha) je pense à lui, et me dit qu'il aura toutes ces choses à me raconter le soir même.

Je me demande quel thème il aura choisi, et j'en ai l'eau à la bouche...
Ca va durer une heure environ ce rendez-vous, une heure pendant laquelle je peux m'échapper, ne plus faire attention à rien, m'absorber dans ses futilités...
Il va me donner des nouvelles de tout le monde, quelquefois acide, quelquefois bête et méchant (mais je lui pardonne toujours), souvent inquisiteur, heureux avec ceux qui le sont, il m'en dit souvent plus qu'il ne faut! Les traits d'humour ponctuent ce rendez-vous, procurant un délassement total.
Et j'affute mon crayon pour ses mots fléchés...

Hé oui! C'est lundi, c'est Voici!!

Je le crie haut et fort, (depuis que je sais que je suis 90% Hulk je ne crains plus rien), Voici, i love you, j'adoooore tes potins mesquins et tes histoires romancées, tes photos chocs et tes légendes hilarantes!

Même de loin, ta couverture rouge affole mon neurone spécial "cagole" et je commence à me demander qui, mais quiiii a trompé qui, qui a grossi ou changé de perruque (ou au choix manucure, voiture, maison, mec, chien, belle-mère, marque de vodka, etc..)
J'adore te lire en vacances au café du port au soleil avec les copines, avant de partir à la plage! On en achète plusieurs comme ça, on peut découvrir en même temps les articles et les commenter! (c'est Antoine de la librairie du port qu'est content, après nous la pile fait deux cm de moins!!)
Mais voilà... Depuis quelques semaines, je ne peux satisfaire ma curiosité malsaine! Je n'ai eu qu'un numéro à examiner à la loupe, quel drame!
Alors, j'ai osé, n'en déplaise aux bonnes âmes méprisantes ...mais quel pied!

JE ME SUIS ABONNEE!
couv

POST DU 11 JUILLET: il paraît que pete doherty s'est fait larguer par son os cocaïnomane kate moss, que la cheerleader de Heroes a été payée 2 millions de  dollars, que, deux ans après son mariage, Dr Glamour est enfin parti en lune de miel avec sa femme, qu'en septenbre wonderbra sortira le sous tif avec tétons incorporés, QUOI?? si, si, ...

Posté par cocolafleur à 13:21 - Moi j'aime lire... - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mai 2007

Le palanquin des larmes: Triste oui, un peu, mais pas trop!

palanquin
Un très beau livre que j'ai commencé mais pas encore fini! Je ne peux cependant pas m'empêcher d'en parler.

Le titre n'est pas très réjouissant, "le palanquin des larmes". Je l'ai offert à ma môman l'année dernière, et le titre a suffit pour qu'elle le range directement dans la bibliothèque. Pas grave, moi je suis retombée dessus dernièrement, et tant pis pour elle, je l'ai pris pour occuper mes quatres heures de TGV méditerranée (maintenant que j'ai rencontré mon doudou grace à la sncf -béh oué c'était mon voisin de banquette, trop beau, non? je vous raconterai ca un de ces jours, si vous insistez beaucoup- ) bref, maintenant que ça, c'est fait, je n'attends plus rien d'eux.. faut pas trop demander quand même.

Donc, en TGV, je me plonge dans mon Voici/ipod/roman de gare/magazine photo/Télé 7 jeux/café et j'attends la gare de destination. Et là, paf, horreur, mon train partait avant l'ouverture du kiosque! J'ai donc pris le palanquin pour m'occuper. Pffiouuu c'est lourd !!! ( holalalala mais quel humouuuuuuur ravageur!!!) Et bien figurez-vous que, même si ok, c'est une très belle histoire triste, c'est triste, oui, mais sans mélo! Et vraie! On apprend plein de détails sur la vie quotidienne et la culture chinoises, la société et la politique à cette époque.
L'héroïne est une jeune chinoise d'une rare beauté et forcément d'une famille pauvre (il faut bien qu'on rêve, nous, les filles) qui sera mariée de force à 13 ans, aux débuts de la révolution communiste à un mari riche, mais tout rabougri de mocheté (bon là on rêve plus, on se pelotonne dans notre couverture en se disant qu'on a de la chance d'être là où l'on est). Mariage forcé, d'où le titre "le palanquin des larmes", qui est la déformation du "palaquin de la joie" dans lequel la mariée monte pour aller à sa cérémonie de mariage. 
Heureusement, son mari, lui, l'aime, et elle est très douée pour la musique...
Je vous laisse suspenser le reste. Bonne lecture!

Posté par cocolafleur à 19:08 - Moi j'aime lire... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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